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jeudi 2 février 2012

Ensemble c'est tout - Anna Gavalda

Quatrième de couverture :

"Et puis, qu'est-ce que ça veut dire, différents ? C'est de la foutaise, ton histoire de torchons et de serviettes... Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c'est leur connerie, pas leurs différences...» Camille dessine. Dessinait plutôt, maintenant elle fait des ménages, la nuit. Philibert, aristo pur jus, héberge Franck, cuisinier de son état, dont l'existence tourne autour des filles, de la moto et de Paulette, sa grand-mère. Paulette vit seule, tombe beaucoup et cache ses bleus, paniquée à l'idée de mourir loin de son jardin.
Ces quatre-là n'auraient jamais dû se rencontrer. Trop perdus, trop seuls, trop cabossés... Et pourtant, le destin, ou bien la vie, le hasard, l'amour - appelez ça comme vous voulez -, va se charger de les bousculer un peu.
Leur histoire, c'est la théorie des dominos, mais à l'envers. Au lieu de se faire tomber, ils s'aident à se relever."

 J'avais déjà entendu parler d'Anna Gavalda, mais je ne m'étais jamais attardée à lire ce qu'elle avait pu écrire. C'est quand une amie qui ne lit presque pas, me l'a conseillée, des étoiles dans les yeux, que j'ai commencé à regarder cette auteur de plus près. L'histoire  m'a plu tout de suite, car les quatre personnages réunis prommetaient des narrations à plusieurs voix, ce que j'aime beaucoup. L'écriture est simple, parfois familière, mais utilisée à bon escient, avec les mots qu'il faut. Tout est décrit avec précision sans être redondant, il n'y a aucune lourdeur. Et surtout, les personnages sont terriblement attachant. Ma préférence se porte sur Phillibert et Paulette, le premier à cause de sa gentillesse et de son begaiement, et Paulette car elle est la représentation de la mamie adorable qu'on souhaiterait tous avoir. Ce roman est une très belle ode à l'art et surtout à l'amour et l'amitié. La différence est la seule chose qui réunit les personnages, et c'est elle qui, au lieu de créer des tensions, lie les personnages d'une force invisible. Cette histoire, qui pourrait paraître classique, est une très belle découverte, qui mérite qu'on s'y attarde.

J'ai beaucoup apprécié les émotions que m'a offert ce livre, très variées et puissantes. A la fin de ce livre, quand on le repose, on ne peut s'empêcher d'y repenser. Les personnages sont comme des amis qu'on revoit depuis longtemps, et qui nous laissent une agréable chaleur dans la tête, comme des souvenirs, qu'on aurait vécu ensemble, c'est tout.

Date de publication : 2004
Nombre de pages : 573
Note générale : 14/20

dimanche 29 janvier 2012

Le Mystère de la Villa Maud - Hélène Amalric

Quatrième de couverture :
 
"Gare de Maisons-Laffitte, 1910.
Par une nuit d'hiver glaciale et pluvieuse, le corps d'un homme est découvert dans un compartiment de première classe du rapide Paris-Cherbourg. La victime porte une plaie à la tête, elle n'a pas d'argent sur elle, pas de bagages, sans doute l'a-t-on agressée pour la voler. Les papiers retrouvés dans son portefeuille révèlent son identité : il s'agit de Joseph Lefaure, secrétaire général de la préfecture de l'Eure.
Ce même soir, lorsque la police se présente à son domicile, la Villa Maud, une belle demeure bourgeoise à Saint-Gratien, elle découvre sa femme, Marthe, ligotée et bâillonnée dans sa chambre. Celle-ci a été agressée par un homme qui s'est introduit par la fenêtre à l'aide d'une échelle, et a fouillé plusieurs pièces de la maison, notamment le bureau de son mari. Les domestiques n'ont rien entendu...
Que s'est-il passé ? A vous maintenant de découvrir l'assassin en suivant l'enquête menée par l'inspecteur de la Sûreté Jules Machard. Alors lisez l'intrigue, étudiez les dix indices à votre disposition et élucidez le crime...
"
 
Suite à une petite escapade dans une librairie, je n'ai pu m'empêcher de ramener avec moi quelques ouvrages. Celui ci m'a tout particulièrement intriguée, étant une grande amatrice tout d'abord du début XXème, puis des énigmes et enquêtes policières bien menées. J'ai retrouvé dans ce livre ce qui m'avait beaucoup plu dans les deux livres de la série "Cathy's Book", c'est à dire des petits indices papiers introduits dans le récit, comme des listes manuscrites, ou encore des petits tickets plastifiés... C'est ce qui rend le roman différent et agréable à découvrir. Cependant, j'ai été assez déçue de la progression de l'histoire. Alternant entre la Villa Maud et différents cabinets et laboratoires, elle donne au lecteur l'essentiel, et pas un paragraphe de plus. Elle m'a semblée assez rapide, voire trop, et les éléments s'enchaînent à la vitesse de la lumière, sans laisser au lecteur le temps de se reposer. L'intrigue est claire, et assez simple pour ce que je croyais être un thriller. L'ensemble d'une centaine de pages est donc vite dévoré, et laisse un goût de trop peu. Le récit selon moi, contient les bases d'une très bonne énigme, quoiqu'un peu classique, qui aurait mérité plus de développement.
 
Décéption donc pour ce livre, qui, malgré tout, est un très joli ouvrage, très bien fini, que je rouvrierais certainement, lorsque je ressentirais un trop plein de lignes noires sur papier blanc.
 
Date de publication : 2011
Nombre de pages : 117
Note générale : 11/20

vendredi 27 janvier 2012

Le Libraire - Régis de Sà Moreira

Quatrième de couverture :

"- Vous l'avez lu ? Oui, dit le libraire.
- Moi aussi, répondit le jeune homme.
Le libraire lui sourit. Le jeune homme prit confiance :
- Mais je l'ai offert à quelqu'un... à qui je n'aurais pas dû l'offrir.
- C'est difficile d'être sûr de ces choses-là, répondit le libraire.
- Oui, dit le jeune homme.
- Ne désespérez pas, dit encore le libraire. Certains livres sont à retardement... "

Ce petit roman est une sorte d'OVNI littéraire. Je l'avais acheté pour sa quatrième de couverture atypique, qui m'avait piquée au vif. Puis je l'avais oublié sur le haut de ma pile de livres à lire. Je ne l'ai retrouvé que récemment, et j'a commis une grave erreur : lire ce roman en une seule fois. Malgré ses 190 pages, écrites en très grosse police, il faut se tempérer et ne pas dévorer les minuscules chapitres qui le composent. Car chaque chapitre est une histoire dans l'histoire, tellement rafraîchissant qu'il faut prendre le temps de le déguster, comme les tisanes que boit régulièrement le libraire, personnage principal du récit. Cet étrange personnage est l'idée même de l'homme qui murmure à l'oreille des livres. Il n'a pas de prénom, ne sort jamais de sa librairie, véritable univers caché, et se succèdent dans la petite boutique une série de personnages tous plus étranges les uns que les autres. Poudoupoudoupoudou ! On entendrait presque le son de la cloche qui marque l'arrivée d'un de ces personnages, tels que les Témoins de Jéhova, Jacques le fataliste, ou encore les couples. Les trois femmes présentes dans le prologue et l'épilogue apportent également un mystère supplémentaire, qui rend le roman d'autant plus agréable.

Cette histoire ne raconte pas grand chose, mais étonnament, quand on a commencé ce petit trésor, il est presque impossible de s'en détacher. Mais attention à ne pas sauter les étapes, veillez bien à le reposer parfois, pour avoir le plaisir de le retrouver plus tard.

Date de publication : 2004
Nombre de pages : 190
Note générale : 17.5/20

jeudi 26 janvier 2012

Lambeaux - Charles Juliet

Quatrième de couverture :

"Dans cet ouvrage, l'auteur a voulu célébrer ses deux mères : l'esseulée et la vaillante, l'étouffée et la valeureuse, la jetée-dans-la-fosse et la toute-donnée. La première, celle qui lui a donné le jour, une paysanne, à la suite d'un amour malheureux, d'un mariage qui l'a déçue, puis de quatre maternités rapprochées, a sombré dans une profonde dépression. Hospitalisée un mois après la naissance de son dernier enfant, elle est morte huit ans plus tard dans d'atroces conditions. La seconde, mère d'une famille nombreuse, elle aussi paysanne, a recueilli l'enfant et l'a élevé comme s'il avait été son fils. Après avoir évoqué ces deux émouvantes figures, l'auteur relate succinctement son parcours : l'enfance paysanne, l'école d'enfants de troupe, puis les premières tentatives d'écriture. Ce faisant, il nous raconte la naissance à soi-même d'un homme qui, à la faveur d'un long cheminement, est parvenu à triompher de la 'détresse impensable' dont il était prisonnier. Voilà pourquoi Lambeaux est avant tout un livre d'espoir."

Cette quatrième de couverture à beau résumer le livre entièrement, il n'explique en rien la beauté qu'il cache. Je me suis retrouvée confrontée à ce livre au lycée, et j'ai dû passer au delà de mes appréhensions. Et je ne le regrette pas du tout. Car ce petit bijou de littérature est étrange, mais réellement magnifique. L'auteur raconte la vie de sa mère, qu'il n'a jamais connu, avec une multitude de détails étonnants, qui laissent transparaître des liens forts et très touchants. La première partie rassemble les lambeaux de vie des deux figures importantes pour l'auteur, tandis que la deuxième est une vision éloignée de la vie de Charles Juliet lui même. Les deux dernières pages sont sublimes, et les émotions sont au rendez-vous.

C'est la seule autobiographie que j'ai eu l'occasion de lire, et son organisation atypique m'a étonnée, puis beaucoup plu. Une preuve de plus qu'il faut parfois lire entre les lignes, passez outre ses appréhensions, pour découvrir des petits trésors tels que celui-là.

Date de publication : 1995
Nombre de pages : 155
Note générale : 17/20